Air France/Affaire de la chemise: Licenciement confirmé du délégué CGT Vincent Martinez

09-08-2016

"La faute reprochée est d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement du salarié protégé", indique ce lundi un communiqué du ministère du Travail, à propos d'un délégué CGT d'Air France accusé d'avoir participé à l'épisode de la "chemise arrachée" en octobre 2015.

"La faute reprochée est d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement du salarié protégé", indique ce lundi un communiqué du ministère du Travail, à propos d'un délégué CGT d'Air France accusé d'avoir participé à l'épisode de la "chemise arrachée" en octobre 2015.

L'affaire de la chemise arrachée : rappel 

Le 5 octobre 2015, après l’annonce d’un plan de restructuration menaçant près de 3000 emplois, les manifestants d’Air France envahissent le siège du comité central d’entreprise (C.C.E). Deux cadres d’Air France dont le Directeur des Ressources Humaines sont agressés. 5 syndicalistes de la compagnie sont accusés de « violences en réunion » dont le délégué syndical CGT, Vincent Martinez, qui est également accusé d’avoir participé à l’épisode de la « chemise arrachée ».  Ils sont en effet, accusés d’avoir molesté et arraché notamment la chemise blanche de Xavier Broseta, le DRH. Escaladant un grillage torse nu pour fuir ses agresseurs, celui-ci avant la une des médias du monde entier. A la suite de cet incident, le délégué syndical a été menacé d’être licencié de son poste de magasinier au sein de la compagnie d’Air France.

Licenciement confirmé malgré l'avis contraire de l'inspection du travail

Passant outre l'avis de l'inspection du travail, Myriam El Khomri valide le licenciement du délégué CGT d'Air France dans l'affaire dite de "la chemise". "A l'issue d'une analyse longue et minutieuse des faits survenus le 5 octobre 2015 en marge du comité central d'entreprise du groupe Air France, et sur la base des éléments portés au dossier, il ressort que la faute reprochée est d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement du salarié protégé", précise le communiqué du ministère. Vincent Martinez estime qu’il s’agit d’une décision « éminemment politique » et la juge scandaleuse. La CGT dénonce une "chasse aux sorcière" et s'étonne d'une décision du ministère arrivant hors délais... "Le 3 février a envoyé un recours hiérarchique auprès de la Ministre du Travail, Myriam El Khomri pour qu'elle autorise le licenciement de Vincent Martinez. La ministre avait quatre mois, à compter de cette date, pour statuer sur cette demande de licenciement. N’ayant reçu aucune réponse en date du 3 juin, le licenciement de Vincent a été implicitement rejeté, conformément à l’article R2422-1 du Code du Travail. Or, le 5 août, Vincent a reçu un courrier du Ministère du Travail lui notifiant l’annulation de la décision de l’Inspection du Travail c'est-à-dire donnant l’autorisation à Air France de le licencier..."  "Je pense que je ne vais pas rester sur cette décision, je compte contre-attaquer devant le tribunal administratif", conclut Vincent Martinez sur la chaîne radio Europe 1.